Le régicide d'Henri III par Jacques Clément de Serbonnes
Le régicide d'Henri III par Jacques Clément de Serbonnes
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L’Histoire du plus célèbre meurtrier de l’Yonne

Les Tourneboeuf ou les Brunel de Serbonnes ont-ils eu un rôle dans l’assassinat du Roi de France ?

Quand on parle de l’Yonne, on a un peu l’habitude d’entendre nos interlocuteurs nous citer les noms de Michel Fourniret, Jean-Claude Treiber, Emile Louis, le Docteur Marcel Petiot et autres tueurs qui ont défrayé les chroniques nationales. Et pourtant, il est un icaunais meurtrier qui a marqué l’Histoire de France en bénéficiant de la bénédiction du pape pour son geste. Multiples sont les représentations du premier régicide de l’Histoire de France conservées dans les musées prestigieux. Avez-vous entendu parler de Jacques Clément né à Serbonnes au nord de l’Yonne ?

Le contexte historique de l’assassinat du Roi de France !

L’équivalent d’un acte terroriste aujourd’hui

L’Historien Nicolas Le Roux dans son ouvrage ‘Un régicide au nom de Dieu’ nous aide à comprendre combien l’assassinat du Roi Henri III, le 1er août 1589, par Jacques Clément est un acte incroyable.

En effet, du Moyen-âge jusqu’au XIXème siècle, la France est gouvernée par des rois thaumaturges. Plus précisément, les souverains successifs, du fait du Sacrement, bénéficient d’un pouvoir de guérison hérité de Dieu. Certes, point de ‘Lève-toi et marche’ mais le peuple souffre d’écrouelles. Ce sont des plaies et des bubons purulents qui déforment le cou. Une maladie particulièrement stigmatisante et excluante. Guérir les écrouelles par une simple apposition des mains du Roi est donc une faculté divine qui renforce l’image sacralisée du monarque.

Le régicide (le fait de tuer le roi) est donc un crime qui relève du châtiment le plus cruel qui soit. Il ne supporte aucune prescription. C’est pourquoi, Jacques Clément sera jugé alors qu’il a été tué lors de l’intervention des quarante-cinq (les gardes du roi) lancés au secours du roi qui se meurt.

Le corps sans vie de Jacques Clément sera donc écartelé en place publique et la dépouille brûlée afin que personne ne puisse collecter les os et les vénérer comme des reliques.

Jacques Clément, meurtrier du Roi Henri III est écartelé
Jacques Clément, meurtrier du Roi Henri III est écartelé

Jacques Clément, presque sanctifié par les plus hautes instances de l’église

Ce geste intervient en pleines guerres de religions aux lendemains de la Saint-Barthélémy. Henri III est accusé de soutenir les protestants contre les Catholiques. L’assassinat du Duc de Guise, chef de la Ligue Catholique et de son frère Cardinal et Archevêque de Reims sur ordre d’Henri III sont évidemment perçus par les catholiques comme des actes de guerre. L’Acte de Jacques Clément, aussi incroyable soit-il, est donc béni par le Pape Sixte V qui considère son auteur comme un martyr. Et les catholiques qualifieront même la génitrice du meurtrier de ‘mère de Dieu’.

L’explication de l’assassinat est donc un juste retour des atrocités ordonnées par Henri III et tout le monde en admet l’évidente motivation. Et pourtant, l’initiative du geste est peut-être moins politique et totalement attachée au village de Serbonnes au nord de l’Yonne.

Un régicide en lien avec les Tourneboeuf de Serbonnes ?

Au XVème siècle, Charles de Pontville détient les fiefs et châteaux de Serbonnes. Mais privé d’un d’héritier mâle, il voit ses domaines partagés entre ses filles. Jeanne reçoit le « Grand Varennes ». Elle se marie à Julien de Tournebœuf qui le reçoit en dot. Perrine, mariée à Mathieu I de Brunel, reçoit « le Petit Varennes » à la sortie du village de la région de Sens.

Dans la lignée des Tourneboeuf, un certain Edmée. Celui-ci aurait tué un fermier, un certain Sieur Clément, père de Jacques Clément. Henri III aurait gracié le Seigneur s’exposant alors à la vengeance du fils, Jacques Clément, qui le poignarde le 1er août 1589 à Saint-Cloud lors du siège de Paris. Une thèse presque simpliste et peu reluisante dans ce contexte de guerre de religion alors même que le Moine Serbonnois est un fervent représentant de la Ligue Catholique engagée contre le Protestantisme !

Henri III aurait-il payé ses ardeurs avec Marguerite de Bronze, Dame de Gravon ?

La belle Marguerite de Bronze est une petite fille par alliance de Perrine. Elle est la légitime épouse de Mathieu III de Brunel de Serbonnes. Ils occupent le château familial « le Petit Varennes ». Or le peuple sait combien le Roi accorde ses faveurs sexuelles à l’épouse du Seigneur. Mathieu III de Brunel est un partisan de la Ligue. L’époux trompé entretient un lien direct avec le Moine et l’aurait exalté dans la pratique de sa foi et la mise en place d’une solution finale au nom de la Ligue.

L’Histoire émet donc trois hypothèses, Jacques Clément serait le bras armé des catholiques, d’une vengeance familiale ou d’un mari jaloux. Évidemment on ne saura jamais quels étaient les motivations du meurtrier. Religieuses ou locales ! Il n’est cependant pas insensé de penser que les origines de Jacques Clément, moine de Sens, né à Serbonnes aient eut un lien direct avec ce premier régicide de l’Histoire.

Par son acte, Jacques Clément devait mettre fin au règne des Valloix et positionner sur le trône, un certain Henri IV, lui même assassiné d’un coup de couteau par Ravaillac le 14 mai 1610, il y a 411 ans aujourd’hui !

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